L’année 2026 commence dans un climat relativement apaisé pour le secteur de l’éducation en Ontario. Aucune annonce majeure n’a encore été faite par le ministre Paul Calandra, et les conseils scolaires ont repris leurs activités habituelles après la trêve des festivités de fin d’année. Les rencontres de concertation se multiplient afin de définir les priorités de la nouvelle année, tandis que les élèves, de retour en classe, font déjà face à leurs premières évaluations.
Cette atmosphère de stabilité ne doit cependant pas masquer une réalité plus profonde : le système éducatif ontarien traverse une phase de transformation importante. L’adoption de la Loi de 2025 sur le soutien aux élèves, aux parents et aux familles en témoigne clairement. Cette réforme a redéfini les relations entre les conseils scolaires et les services policiers locaux, encadré les règles de nomination et de changement de nom des écoles, et surtout renforcé de manière significative les pouvoirs du ministre de l’Éducation (MÉO) à l’égard des conseils scolaires. Par ailleurs, les nouveaux bureaux d’assistance aux élèves et aux parents sont désormais en fonction dans cinq des six conseils scolaires placés sous supervision.
La question demeure cependant: quelles nouvelles réformes marqueront l’année 2026 ? Il est fort certain que le MÉO s’attaquera à une question qui lui tient à cœur: la réforme de la gouvernance des conseils scolaires à travers la redéfinition du rôle des conseillers(ères) scolaires. Lors de sa conférence de presse du 4 décembre 2025, il n’a pas fait mystère de son intention d’éliminer les trustees dans les conseils scolaires anglophones. Du côté francophone, la situation reste plus complexe en raison de la protection constitutionnelle garantie par l’article 23, ce qui rend toute réforme plus délicate.
Le retour des travaux parlementaires à Queen’s Park, prévu en mars, sera donc déterminant. Un projet de loi relatif à la réforme du rôle des conseillers scolaire sera-t-il déposé ? Nul ne peut le savoir car, pour l’heure, aucune information ne filtre. Et s’il était déposé, ce projet de loi pourra-t-il être adopté avant les élections des conseillers(ères) scolaires prévues en octobre 2026, dont le processus de mise en candidature devrait débuter au printemps ? Rien n’est moins sûr.
À défaut d’une réforme législative rapide, l’année 2026 sera donc marquée par la tenue des élections des conseillers(ères) scolaires. Ces derniers exerceront un mandat de quatre ans jusqu’en 2030. Cette échéance soulève une interrogation majeure : le MÉO aura-t-il la patience d’attendre la fin de ce mandat pour entreprendre sa réforme, alors même que les élections provinciales se profilent également en 2030 ? Là se situe tout l’enjeu.
Sur un tout autre plan, il est fort certain que le MÉO n’hésitera pas, au cours de cette année 2026, à exercer ses pouvoirs de directive et de contrôle aménagés dans la loi de 2025 pour ordonner des enquêtes ou mettre sous supervision de nouveaux conseils si la nécessité s’impose. Aussi, le gouvernement devra poursuivre les investissements dans la rénovation et la construction d’écoles, notamment pour répondre à la croissance soutenue des effectifs dans les écoles francophones. Les enjeux liés à la pénurie du personnel enseignant francophone, au renforcement de l’apprentissage du français en contexte minoritaire et à l’amélioration des conditions de travail du personnel enseignant, d’appui et de soutien devront aussi être abordés avec sérieux et dialogue. C’est à ce prix que pourra être renouvelé, en 2026, le pacte de confiance entre les acteurs du système éducatif ontarien pour le bien-être et la réussite de nos élèves.

